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On reparle régulièrementde lénergie à faire produire par les végétaux,utilisable aussi bien pour le chauffage que comme carburant.Léthanol, essence sans plomb avec adjonction dalcoolvégétal, (provenant essentiellement de la betterave)semblait abandonné pour cause de prix de revient prohibitif,mais lAssociation française pour le développementde léthanol-carburant vient de le relancer en créantun comité de promotion avec des associations belge, allemandeet néerlandaise.
En effet la commission européenneveut encourager les usages non-alimentaires des produits agricoles.Certes pour obtenir un carburant dun prix de revient égalà celui du pétrole, il faudra subventionner, mais cessubventions ne coûteront pas plus cher que celles compensant lavente à bas prix des excédents européens de blé,dorge, de maïs, de seigle.
Le carburant vert peut êtreproduit sur certaines terres en friche et dautres nonrentables pour lesquelles les instances européennes demandentune mise en jachère. Il permet des économies dedevises, augmente lindépendance par rapport aux paysproducteurs de pétrole, et ne pollue pas latmosphère.
Un ingénieur allemand a mis aupoint un moteur€ qui fonctionne aux huiles végétalesissues du colza, tournesol, soja, palme, coton, ricin et biendautres puisque 2000 plantes seraient aptes à produireces huiles dont la valeur énergétique est égaleà celle du gazole, le moteur à huiles végétalessapparentant à un diesel. Si lon en croit lesessais, ces carburants permettent aussi dimportantes économiesde consommation. Faute de carburant végétal, le moteuraccepte le gazole. En effet, si rouler à lhuile decolza paraît séduisant, il ne semble pas quelagriculture européenne puisse fournir assez devégétaux pour remplacer la totalité du pétroleconsommé annuellement (note : peut-être quavecune population végétalienne, des moteurs optimiséspour consommer le moins que possible, des limitations de vitesse plusstrictes, des transports en communs plus accessibles, etc., cela neserait pas si impossible !)
Mais lenjeu dépasse nosfrontières et le carburant végétal permettrait àdes pays du tiers-monde, qui nont pas les devisesindispensables à lachat de pétrole, dedévelopper leur industrie en produisant leur carburant vert.Une plante tropicale comme la purghère peut pousser dans desrégions désertiques très chaudes et produiredimportantes quantités dhuile.
Il semble que les organisationsinternationales devraient prendre en main et faire avancer rapidementla production de carburant végétal et celle des moteursleur convenant. En effet, on se préoccupe beaucoup desconséquences de lindustrialisation future etinéluctable dans un avenir plus ou moins proche de pays géantscomme la Chine, lInde, le Brésil.
Les importants rejets supplémentairesde gaz carbonique en provenance des usines ou des automobilesaccentueront la pollution, déjà inquiétanteaujourdhui, de latmosphère. Or, le carburantvégétal ne produisant pas de gaz carbonique, naccentuepas leffet de serre responsable du réchauffement delatmosphère.
Dautre part, les gisements depétrole ne sont pas inépuisables. Il faut déjàaller chercher lor noir au fond des mers, à grandeprofondeur, ou dans des lieux difficiles daccès commelAlaska. Tandis que le carburant végétal est uneénergie renouvelable. Léthanol a déjàtrouvé son utilisation au Brésil où ilreprésente 60% de la consommation de carburant. AuxEtats-Unis, on consomme 1,5% déthanol issu du maïs.Le gouvernement américain qui réduit ainsi sesexcédents de maïs a dû prendre en charge 50% duprix de revient.
En France, on nen est encorequaux balbutiements. LINRA travaille sur la créationde betteraves-alcool. Les constructeurs automobiles sur les moteurs.La Régie Renault a fait venir des moteurs à alcool duBrésil pour en équiper quelques voituresexpérimentales. En Normandie, on va lancer sur les routes, sixvoitures fonctionnant à léthanol, et troispompes seront installées pour les ravitailler.
On progresse donc lentement mais lejour où la commercialisation entrera vraiment en action, lesvoitures roulant à lénergie verte pourraient semultiplier. Avec pour perspective ladieu aux coûteuxpots catalytiques qui vont nous être imposés.
Végétal ou non, noussommes encore dans le domaine du carburant classique. Mais dans 20ans, ou moins, le carburant pourrait être lhydrogène.Et là encore, on aura recours aux plantes pour le produire.
Les plantes assimilent le carbonecontenu dans le gaz carbonique de lair et avec leauquelles contiennent, fabriquent des hydrates de carbone,indispensables à la vie, cest ce quon appelle laphotosynthèse.
En échange, elles rejettent danslair loxygène indispensable à la vie.Grâce à la photosynthèse, les chercheurs ont puaussi obtenir de lhydrogène.
Dans les plantes, les photons venus dusoleil se heurtent aux molécules de chlorophylle et excitentleurs électrons. Lénergie de ces derniers, casseles molécules deau en molécules doxygèneet dhydrogène. Certaines substances organiquesprésentent les mêmes propriétés. Ainsi lesalgues bleu vert renferment un enzyme appelé « hydrogénasse »qui leur permet de produire de lhydrogène de façoncontinue.
Les recherches se poursuivent enlaboratoire. Pour le moment, on récupère si faiblementcet hydrogène quon est loin de lapplicationindustrielle.
Et les chercheurs ont toujours bonespoir darriver à extraire les produits catalyseurs delhydrogénase sans avoir besoin des algues.
Et lon verra un jour détrangesmachines. Il suffira de les alimenter en végétaux pourobtenir, à la sortie, et cela simplement avec un peu delumière solaire, cet hydrogène qui devrait êtrele carburant performant, écologique, et bon marché delavenir.